Une base de données entreprise, c'est un répertoire structuré qui identifie les sociétés (SIREN, activité, adresse, dirigeants) et, selon la source, ajoute de quoi les cibler et les contacter. C'est l'outil qui permet de mesurer son marché avant de le prospecter : combien d'entreprises pourraient acheter, lesquelles on peut réellement servir, et qui contacter dans chacune.
Ce qui distingue les bases tient moins à leur prix qu'à la part du marché qu'elles permettent de voir.
En France, l'identité légale est gratuite et publique. L'Annuaire des Entreprises, Sirene, le Registre national des entreprises et Infogreffe suffisent pour vérifier une société.
Pour prospecter, trois familles de bases coexistent : celles qui s'appuient sur la donnée légale, celles qui partent de LinkedIn, et celles qui réconcilient les deux.
Pharow appartient à la troisième. On part des registres pour 3,4 millions d'entreprises actives (base Pharow, septembre 2026), puis on rattache à chacune son site, sa page LinkedIn, ses contacts et ses signaux d'activité.
Qu'est-ce qu'une base de données entreprise ?
Une base de données entreprise décrit les sociétés à trois niveaux : leur identité légale, les personnes qui y travaillent, et le contexte qui dit quand les contacter.
Identité, personnes, contexte
L'identité, c'est la donnée légale : SIREN et SIRET, code NAF, forme juridique, adresse du siège, capital, mandataires sociaux. Elle est publique, gratuite, et fait foi.
Les personnes, ce sont les décideurs au-delà du représentant légal : directeur commercial, responsable marketing, DRH, avec leur poste, leur email et leur téléphone.
Le contexte, ce sont les signaux qui changent la priorité d'un compte : un recrutement en cours, une levée de fonds, un outil utilisé sur le site, un effectif qui grandit.
L'identité dit qui est l'entreprise. Les personnes et le contexte disent qui contacter, et à quel moment.
Mesurer son TAM et son SAM
Le TAM (marché total adressable) est l'ensemble des entreprises qui pourraient acheter votre offre. Le SAM (marché réellement adressable) en est la part que vous pouvez servir compte tenu de votre produit, de votre zone et de votre modèle de vente.
Une base de données entreprise permet de compter ces ensembles, puis de les resserrer jusqu'aux personnes à contacter. Prenons un éditeur de logiciel RH qui vend aux entreprises de 50 à 199 salariés, avec une équipe commerciale basée à Paris (recherches dans l'application Pharow, 30 septembre 2026) :

Chaque étape demande une donnée différente. La taille et la zone viennent du registre, la croissance et les recrutements de sources privées, les contacts d'un rattachement entre l'entreprise et ses salariés.
La dernière étape est la plus sélective : un peu plus de quatre entreprises sur dix ont un interlocuteur RH identifiable. Filtrer un marché ne suffit donc pas, encore faut-il passer de l'entreprise à la personne. Dans les autres comptes, la fonction RH est souvent tenue par le dirigeant ou le responsable administratif et financier.
=> Avant d'être un fichier de prospection, une base de données entreprise sert à définir le marché sur lequel la prospection va s'exercer.
Les bases de données entreprises gratuites en France
Quatre sources publiques donnent accès à l'identité légale des entreprises françaises : l'Annuaire des Entreprises, Sirene, le RNE de l'INPI et Infogreffe.
L'Annuaire des Entreprises
L'Annuaire des Entreprises est la porte d'entrée officielle vers les données publiques sur les sociétés françaises. Cette plateforme de l'État regroupe des informations issues de l'Insee, de l'INPI, de l'Urssaf et d'autres administrations.
On y trouve le SIREN et le SIRET, la raison sociale, l'adresse du siège, le code NAF, la forme juridique, la date de création, les établissements et les dirigeants déclarés. C'est le bon réflexe pour vérifier une entreprise, mais l'outil n'est pas conçu pour construire une liste filtrée par critères.
La base Sirene de l'Insee
Sirene recense des unités légales, ce qui ne veut pas dire que chacune exerce une activité.
Sur 8,9 millions d'unités légales des secteurs marchands, l'Insee en considère 5,5 millions comme économiquement actives, dont 1,8 million de micro-entrepreneurs (Insee, données 2022, publication de janvier 2026). Un fichier extrait tel quel du répertoire demande donc un retraitement avant de servir à prospecter.
Ce retraitement explique l'écart avec les 3,4 millions d'entreprises actives de Pharow. La base ne retient pas les entrepreneurs individuels, micro-entrepreneurs compris, qui pèsent à eux seuls 3 millions d'entreprises actives selon l'Insee. À l'inverse, elle couvre tous les secteurs, y compris ceux que le champ marchand de l'Insee laisse de côté, et elle compte les unités légales actives au registre en septembre 2026, là où l'Insee mesure une activité économique constatée en 2022.
Le répertoire attribue un SIREN à chaque unité légale et un SIRET à chaque établissement. Chaque unité y figure avec sa raison sociale, son adresse, son code APE, sa date de création, sa tranche d'effectif salarié et sa nature juridique, et le répertoire est mis à jour chaque jour. Le stock compte environ 30 millions d'établissements, actifs et fermés confondus.
Le site sirene.fr a fermé en décembre 2025. La consultation passe désormais par l'Annuaire des Entreprises, et la base complète se télécharge sur data.gouv.fr ou s'interroge par l'API Sirene.
Les registres juridiques : RNE et Infogreffe
L'INPI tient le Registre national des entreprises, qui centralise depuis 2023 les immatriculations, modifications et radiations. Infogreffe, le site des greffes des tribunaux de commerce, donne accès aux comptes annuels et aux actes des sociétés immatriculées au registre du commerce.
Les deux servent au même usage : analyser la structure juridique d'une société, suivre son historique, lire ses comptes avant un rendez-vous.
=> Les sources publiques répondent très bien à la question « qui est cette entreprise ? ». Aucune n'est conçue pour répondre à « qui dois-je appeler, et à quel moment ? ».
Les trois familles de bases de données entreprises
Les bases de prospection se construisent sur trois socles : la donnée légale, les profils professionnels de LinkedIn, ou la réconciliation des deux avec d'autres sources.
Les bases fondées sur la donnée légale
Ce sont les bases qui s'appuient principalement sur les registres publics, ainsi que les services qui les agrègent et les rendent plus faciles à consulter, comme Pappers. Leur force est l'exhaustivité : toute entreprise immatriculée y figure, avec un identifiant officiel qui ne change pas quand elle change de nom. C'est de là qu'un TAM doit partir : du marché réel des entreprises juridiquement identifiées, pas de la population d'un réseau professionnel.
En revanche, elles ne sont pas conçues pour identifier les décideurs au-delà des représentants légaux, ni pour fournir leurs coordonnées, et leurs filtres s'arrêtent au secteur, à l'effectif et à la localisation. Dans l'exemple du logiciel RH, le registre donne les 11 000 entreprises de la zone, pas celles qui recrutent ni leurs interlocuteurs RH.
Les bases construites autour de LinkedIn
LinkedIn Sales Navigator en est la référence. Sa richesse porte sur les personnes : les changements de poste y apparaissent plus vite que dans les registres, et l'outil permet le social selling, les InMails et le suivi de comptes en temps réel, en France comme à l'international. Une base légale n'est pas conçue pour ces usages.
En revanche, l'outil ne voit les entreprises qu'à travers leurs pages et leurs salariés. Or deux entreprises sur trois et trois dirigeants sur quatre n'ont pas de présence LinkedIn rattachée (entreprises légales, présidents et directeurs généraux, base Pharow, septembre 2026). Un TAM mesuré depuis LinkedIn passe donc à côté d'une grande partie des PME.
S'y ajoutent l'absence de SIREN et de code NAF, qui complique le rapprochement avec un CRM, et l'absence d'export natif : pour sortir une liste de Sales Navigator, il faut passer par un outil tiers.
Les bases qui réconcilient les sources
La troisième famille part du registre légal et y rattache ce qui manque : le site, la page LinkedIn, les décideurs, leurs coordonnées, les signaux d'activité. C'est l'approche de Pharow.
Le rattachement est la partie difficile. Pour chaque entreprise, on recoupe plusieurs signaux, du plus fiable au moins fiable : le SIREN quand il est présent, la page LinkedIn, le domaine, et le nom s'il est assez distinctif. On écarte au passage les domaines partagés et les pages d'annuaire.
La réconciliation réduit les lacunes, elle ne les supprime pas. Pharow relie à son site près d'une entreprise active sur trois (base Pharow, septembre 2026), en ne gardant que les rattachements qui passent ses règles de fiabilité. Beaucoup de TPE n'ont pas de site exploitable, ou partagent un domaine avec d'autres structures.
Son principe : chaque entreprise part de son identité légale, et les données qui y sont rattachées passent par des règles de vérification.
Pour les personnes, les coordonnées viennent d'une cascade d'enrichissement : chez Pharow, Dropcontact est interrogé en premier sur l'email, et FullEnrich prend le relais s'il ne trouve pas. Sur les campagnes Lemlist des utilisateurs qui l'ont connecté, les emails issus de Pharow rebondissent plus de trois fois moins que les contacts venus d'autres sources (juin à août 2026).
Ce que seule la réconciliation permet de produire : les signaux de croissance
Une base réconciliée ne se contente pas de stocker des données, elle produit des indicateurs. Le chiffre d'affaires vient des comptes publiés, l'effectif légal du registre, les recrutements des offres d'emploi, les technologies du site, l'effectif LinkedIn des profils professionnels, les levées de fonds des annonces de financement. Aucune ne suffit seule à caractériser une dynamique de croissance.
Prenez le chiffre d'affaires : moins d'une entreprise sur cinq publie des comptes complets. L'effectif légal est la référence officielle, mais il arrive par tranches et avec retard. L'effectif LinkedIn est plus frais, mais déclaratif. Comparer ces sources entre elles, et la même entreprise à deux dates, donne un signal plus fiable.

Ces critères ne mesurent pas la même chose, et c'est voulu : ils forment un indicateur composite. Une entreprise y entre si elle remplit au moins l'un d'eux (chiffre d'affaires en hausse sur deux exercices, effectif légal ou LinkedIn en hausse, ou levée de fonds de moins de deux ans). Sur cette base, environ 483 000 entreprises présentent au moins un signal de croissance en France, soit une entreprise active sur sept (base Pharow, septembre 2026). Les outils qui permettent de les cibler sont comparés dans notre article sur les outils pour identifier les entreprises en croissance.
=> Chaque famille voit une partie différente du même marché. La base légale le voit en entier mais sans les personnes, la base LinkedIn voit les personnes mais pas tout le marché, la base réconciliée part du marché entier et y rattache ce qu'elle peut vérifier.
Comment choisir sa base de données entreprise
Trois questions départagent les bases : couvrent-elles votre TAM, d'où viennent leurs données, et comment entrent-elles dans votre CRM sans doublon.
La couverture de votre marché
Testez la base sur votre cible réelle, pas sur une démo. Comptez les entreprises de votre segment dans le registre, puis regardez combien la base en retrouve, et pour combien elle propose au moins un décideur joignable. L'écart entre les deux chiffres dit ce que vous ne verrez jamais avec cet outil.
L'origine et la fraîcheur des données
Une base fiable s'appuie sur des sources vérifiables : les registres publics (Insee, INPI, greffes, BODACC), puis des sources privées comme les sites d'entreprise, LinkedIn ou les offres d'emploi. Les annuaires alimentés par les entreprises elles-mêmes sont précis au moment de la saisie, et vieillissent si personne ne les met à jour.
La fréquence de mise à jour compte autant : une base email se dégrade d'environ 22 % par an (estimation HubSpot), parce que les gens changent de poste ou d'entreprise.

La conformité RGPD
Le RGPD s'applique en B2B dès qu'une donnée identifie une personne, comme le nom d'un dirigeant ou un email nominatif. La prospection par email peut alors reposer sur l'intérêt légitime si la sollicitation est en rapport avec l'activité professionnelle du destinataire. La personne doit être informée de l'utilisation de ses données à des fins de prospection et pouvoir s'y opposer simplement et gratuitement.
Un fournisseur sérieux documente l'origine de ses données et facilite les demandes d'opposition. La responsabilité reste partagée : c'est à vous de justifier ce que vous avez utilisé. Les règles détaillées sont sur la page de la CNIL consacrée à la prospection commerciale.
L'entrée dans le CRM
Une base qui ne s'intègre pas à vos outils vous condamne aux imports manuels, et chaque import manuel est une occasion de créer des doublons ou d'écraser un champ. Vérifiez l'export CSV, les connecteurs vers votre CRM et vos outils d'envoi, et surtout la capacité à reconnaître une entreprise ou un contact déjà présent.
Sur HubSpot et Pipedrive, l'export de Pharow reconnaît les entreprises et les contacts existants et les met à jour au lieu de les recréer. Pour les autres critères (tests avant achat, tarifs), notre guide pour choisir une base de données B2B détaille la méthode.
=> Le bon choix dépend moins du volume annoncé que de la part de votre marché que la base voit vraiment, et de la date à laquelle elle l'a vérifiée.
Sources et méthode des chiffres Pharow
Les chiffres Pharow de cet article sont calculés sur la base Pharow à une date donnée : ce ne sont pas des statistiques officielles, et ils varient avec le périmètre retenu.

